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Productivité et sieste au travail

Si le vieil adage métro, boulot, dodo est dans toutes nos têtes, force est de constater que la partie dodo ne cesse de diminuer : 31% des Français dorment moins de 6 heures par nuit et expriment un manque de sommeil. Résultat, de la fatigue dans les transports et de la somnolence au travail, où l’on peut constater une baisse en qualité et en efficacité. La sieste au travail permet d’augmenter sa productivité : mais est-elle toujours autorisée ?

Pourquoi faire la sieste au travail ?

Selon les baromètres de Santé Publique France, les Français dorment en moyenne six heures et quarante-cinq minutes, soit quinze minutes de moins que le temps nécessaire pour un bon sommeil réparateur.

Un constat, un mauvais sommeil et des travailleurs fatigués

Résultat de ce manque de sommeil, 80 % des actifs ressentent un coup de fatigue au travail ou dans la journée et un cadre sur trois avoue s’être déjà endormi au bureau.

La question est telle que sur le plan collectif, les spécialistes préconisent de retarder les horaires d'arrivée à l'école pour les collégiens et les lycéens afin de s'adapter à leur horloge biologique, et de modifier l’organisation en entreprise pour lutter contre la somnolence au travail.

C’est d’autant plus vrai que selon le Baromètre des salariés BVA-BPI 2019, « La Santé et le bien-être au travail », 15 % des salariés jugent un manque d’implication de leur entreprise pour améliorer leur qualité de vie au travail. Portant, une sieste au boulot ne coute pas cher : mieux, elle peut rapporter de l’argent !

La fatigue au travail, un impact économique majeur

Car ce manque de sommeil a en effet des répercussions économiques dans la vie de l’entreprise.

Des chercheurs australiens ont estimé que les troubles du sommeil occasionnaient une baisse de productivité équivalente à 12,19 milliards de dollars. Les chercheurs de l’Université de Harvard avancent même un chiffre de 63 milliards pour l’ensemble des travailleurs américains.

Inversement, on sait qu’en Asie de nombreuses sociétés sont conscientes des bienfaits de la sieste au travail et ont institué cette petite sieste réparatrice comme pratique de management. C’est ainsi chose courante pour de nombreux travailleurs chinois, coréens ou japonais.

Une micro-sieste booste la performance des salariés

On sait que la pratique régulière de la sieste ou « napping » dope la productivité des salariés.

Le sommeil joue en effet sur la concentration, l’humeur, la réactivité, la mémoire, la créativité, la prise de décision et la vigilance, tout en diminuant le stress et en nous rendant plus sociable.

Les bienfaits de la sieste au travail trouvent donc leur intérêt aussi bien pour des professions physiques qu’intellectuelles. Si les Français manquent en moyenne de 19 minutes de sommeil, une sieste efficace d’une durée de 20 mn permettrait de recharger les batteries.

Le simple fait de fermer les yeux 5 mn aide d’ailleurs à lutter contre la somnolence au travail et à baisser le taux de cortisol, l’hormone du stress.

Le mieux est donc de prévoir sa sieste, en mettant un réveil sur 20 mn, en fermant les yeux et en se laissant aller.

Selon la Nasa, dormir de dix à vingt minutes augmenterait ainsi la productivité et la créativité des travailleurs de 35 % !

Il ne faut en revanche pas dormir trop longtemps, au risque d’être somnolent.

Il faut aussi définir des règles claires pour empêcher tout risque de tension entre les adeptes du napping et les non-adeptes.

C’est d’autant plus important que culturellement, la sieste reste encore mal vue dans les entreprises occidentales : 12 % à peine des responsables d’entreprise y sont ouverts (Enquête OpinionWay « Les Actifs et la sieste au travail », 2016).

Comment faire une sieste au bureau ?

Le napping se heurte donc à des problèmes culturels, logistiques et légaux : est-il légal de faire la sieste au travail ?

Le récent licenciement d’un éboueur pris en photo en train de faire la sieste a ramené le débat des DRH vers les prétoires.

Est-il légal de faire la sieste au travail ?

Si aucun texte n'interdit formellement de faire la sieste dans le Code du travail, la jurisprudence statue selon les cas : la loi a admis par exemple le licenciement pour faute grave d'un pompier chargé de la sécurité d'un aéroport et qui s'était endormi pendant son travail. A l'inverse, la Cour de Cassation avait considéré que le salarié s'étant assoupi dans une salle d'attente où on lui avait demandé de patienter, n'avait commis aucune faute grave et ne pouvait être renvoyé sur ce motif.

Des expériences concluantes

Si les pays du sud de l’Europe proposent un temps de sieste à leurs salariés avec une pause déjeuner jusqu’à 3 heures, la pratique de la sieste en France reste encore souvent perçue comme un signe de paresse. Pourtant, les choses évoluent.

S’inspirant des exemples allemands ou asiatiques, les start-ups ont été les premières à s’y mettre. Dans un secteur où le chômage est rare, et où il faut garder ses salariés, la sieste a été très vite proposée pour booster productivité et créativité.

Mais les grandes entreprises s’y mettent aussi. Depuis 2016, un site de Renault a aménagé un « Calm Space » (espace de calme) pour permettre aux employés de s’y reposer.

Cet espace se présente sous forme de petites salles avec un fauteuil semi-incliné, une musique douce et un plafonnier à lumière changeante pour aider à la relaxation. Depuis son installation, ce « Calm Space » a été testé par les 2 400 salariés du site : il est notamment plébiscité par ceux qui reviennent d'un déplacement à l'étranger ou les femmes enceintes.

Leur développement a d’ailleurs été pensé en accord avec la médecine du travail, dans l’optique de diminuer les accidents du travail.

Malgré ses expériences concluantes, faire la sieste au travail suppose de prévenir avant sa hiérarchie, pour bien s’expliquer et avoir leur accord. Comment faire si la sieste au bureau est interdite ou mal vue ?

Quelles alternatives à la sieste au travail ?

Si dormir au bureau est mal vu, faire des exercices de respiration ou de méditation risque au contraire d’être très bien vu : c’est source d’équilibre. C’est idéal, car cela permet aussi de se reposer, de diminuer sa tension physique et nerveuse, et de préparer son sommeil du soir.

Dans le même esprit, faire des exercices de neurofeedback ne pourra prêter à aucune critique. Cette pratique médicale vise à contrôler l’expression de certaines ondes cérébrales. Le feedback est un processus permettant d’analyser les informations transmises par son corps, pour mieux s’adapter à l’environnement. C’est un processus utilisé par les médecins spécialistes du sommeil, notamment à l’Hôpital de La Pitié-Salpêtrière.

Pour retrouver un sommeil réparateur, cette méthode efficace permet de réparer son sommeil et de guérir des insomnies.

Grâce à des appareils connectés, cette technique du neurofeedback est accessible chez soi ou au travail : le patient fait l’apprentissage de cette régulation du sommeil, 100 % naturelle et reposante.

Dans tous les cas, le plus important est de ne jamais culpabiliser. Faire la sieste au travail ou prendre 20 mn de repos permet de gagner en productivité, en efficacité et en performance. Même votre DRH devrait finir par se laisser convaincre !

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Publié dans: Sommeil et performance

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